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RÉSEAUX74 > 2005 > N°23 Avril/Mai 2005 >
Cycle Éducation, LinuxEdu 2005
Gcompris, logiciel éducatif aux activités variées
Interview de Brunon Coudoin, contributeur actif de GCompris
B. Coudoin : Je suis informaticien, marié et père de deux enfants. Je suis passionné par les logiciels libres et la philosophie sous jacente, l’échange, l’entraide, le partage du savoir et de la connaissance.
B.C. : GCompris regroupe sous une même interface un grand nombre d’activités, presque 70 à ce jour. Il peut être utilisé par les enfants de 2 à 10 ans, et ce dans une trentaine de langues. Il est utilisé et référencé par l’éducation nationale de nombreux pays comme l’Espagne, la France, l’Italie, la Russie, ... Pour la nature des activités, nous nous efforçons d’y intégrer des activité toujours pédagogiques, avec si possible un côté ludique. Nous faisons des efforts sur les parties graphismes mais nous n’en faisons pas une priorité. L’important pour nous est de proposer des activités qui sont bien adaptées à l’ordinateur. Nous ne cherchons pas à suivre un programme scolaire particulier (le pourrions-nous en 30 langues ?), mais nous nous focalisons sur ce que peut apporter un ordinateur lors d’un apprentissage.
B.C. : J’ai débuté ce projet il y a 5 ans exactement. Il y a eu de nombreuses contributions dans tous les domaines, développement et test bien sûr mais aussi graphisme, son et voix (dans 9 langues), les traductions (plus de 30 langues), le packaging (les distributions GNU/Linux, Mandrake, Debian, Freeduc CDROM, ...). Actuellement Yves Combe, formateur TICE à l’iufm de Montpellier, est le contributeur le plus actif. Comme on peux le voir, GCompris est un projet assez ancien et mature. L’effort pour faire de nouvelles versions et continuer sur notre lancée est résolument important. Bien sûr, les supports individuels sont les bienvenus. Un soutien officiel, de la part d’une institution du monde de l’éducation, serait appréciée.
B.C. : Vous d’abord j’espère ! Dans les faits, comme pour tous les logiciels libres, il n’est pas facile de savoir combien nous avons d’utilisateurs. Ce que je sais, c’est qu’il est utilisé par des parents comme par des enseignants. C’est important pour nous et cela nécessite de faire des compromis entre un logiciel trop professionnel et trop ludique. Côté institution, il est déployé de manière généralisée dans 2 régions espagnoles, et une troisième est en cours. Dans certains pays, comme en France, il est utilisé pour former les futur professeurs.
B.C. : Il me semble important d’enseigner des valeurs à nos enfants. Le partage du savoir et de la connaissance me semble une valeur importante. Comment expliquer que si un logiciel est utile à un élève, un professeur ne peut pas le lui donner, comme il lui donnerait un livre pour l’aider ? Comment expliquer à un professeur qu’il n’a pas le droit de modifier le logiciel pour qu’il corresponde au mieux à l’enseignement qu’il désire mettre en place ? Comment expliquer à un enseignant, que ni lui ni ses élèves ne peuvent étudier le fonctionnement du logiciel qu’ils utilisent (c’est comme interdire l’étude de texte) ? C’est à terme nous condamner à l’ignorance où seule une minorité, quelques sociétés monopolistiques, auront le droit et la connaissance pour écrire des logiciels. Pour prendre un exemple courant, en apprenant Microsoft Word aux enfants, certes on leur apprend à utiliser le traitement de texte le plus utilisé, mais on fait surtout, aux frais du contribuable, le travail de formation et de conditionnement de Microsoft. Or le travail de l’éducation nationale est bien de donner les clés du savoir, pas des réponses toutes faites. En apprenant un traitement de texte aux enfants et en s’appuyant pour cela sur un logiciel libre comme Abiword ou OpenOffice.org, on leur donne une véritable culture pour comprendre la logique de cet outil. Ensuite ils pourront appliquer leur savoir sur le traitement de texte de leur choix.
B.C. : Certes les enfants ne vont pas s’en apercevoir seuls, et cette notion parait diffuse aussi chez certains adultes. Les logiciels libres sont en général accompagnés d’explications par ceux qui les promeuvent et les installent. J’espère que ces explications sont par la suite transmises aux enfants. Cela devrait faire contrepoids face aux pressions des majors du disques par exemple, qui eux condamnent les enfants coupables à leurs yeux de partager la musique qu’ils aiment.
Ofset est une association de droit française avec une vocation internationale dans le domaine du logiciel libre éducatif. Partant du constat que pour éduquer librement, il faut aussi des outils libres, de nombreuses personnes oeœuvrant dans ce domaine se sont regroupées. Une des créations les plus importantes d’Ofset est le Freeduc CDROM qui regroupe sur un CDROM vif une compilation des meilleurs logiciels éducatifs. Ofset nous permet de concentrer des financements pour mettre en place et mener à bien des projets qui nécessitent une organisation.
B.C. : Le mieux est d’utiliser la version livrée avec votre distribution
GNU/Linux comme par exemple en ligne de commande :
B.C. : Nous travaillons régulièrement au développement de nouvelles activités,
mais nous avons aussi des projets structurels plus importants. En ce
moment nous commençons à travailler sur la partie profil, rapport et
édition qui permettront aux enseignants d’exploiter plus simplement et
plus finement la richesse de GCompris. Gcompris, logiciel éducatif aux activités variées.
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